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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/158

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ARMAURY.

Dianette, tu m’aimeras toujours ? Dianette, tu ne m’échapperas pas ?


DIANE.

Jamais, mon grand bien-aimé !


ARMAURY.

Sait-on, avec ces enfants… car tu es une enfant ! Ça m’est égal, comprends-tu, de renoncer à tout pour toi, pourvu que tu me restes.


DIANE.

Comment peux-tu garder encore un doute ?


ARMAURY.

Parce que la jeunesse est un perpétuel mensonge… Les enfants mentent… ils ne savent même pas quelquefois qu’ils mentent. Tout est mensonge chez eux. Leur charme… leur sincérité… illusion !


DIANE.

Tu vois, tu m’en veux, au fond tu m’en veux…


ARMAURY.

Non, petite brute. C’est une fureur égoïste qui me fait parler ! Sans quoi… je fais bon marché de ma douleur, de mes ennuis. Un feu de paille, un feu de joie… de joie !… Allons bon ! qu’est-ce qu’il y a maintenant ? Tu pleures, Dianette ? j’ai commis le crime de te faire pleurer !


DIANE.

Mais non, mon chou, mais non !


ARMAURY.

Ah ! ce sont de bien grandes émotions pour toi, et de bien grandes complications aussi, Dianette… Je suis un imbécile ; je devrais être plus simple. Pourquoi pleures-tu, dis ? Parle ?… Qu’as-tu ?…