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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/68

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UN PEINTRE, (prétentieux.)

Bravo ! Bravissimo ! Bellissimo !


UN AUTRE.

Et le fameux Certin ?… On m’a dit qu’il était là !…


BERNIER, (triomphant.)

Là !… Cette chose qu’on emporte… cette loque… c’est fini !… Il vient de mourir…


UN PEINTRE.

Quoi ?


BERNIER.

Oui ! Il vient de mourir d’une attaque de modestie foudroyante devant mon tableau.


UN PEINTRE.

Et qu’est-ce qu’il a dit quand on lui a appris la nouvelle… le pauvre vieux ?


BERNIER.

J’ai entendu ! Il a dit : « France ! ton café fout le camp. »


UN PEINTRE, (à son voisin.)

Il a le triomphe cruel, féroce.

(On le porte presque en triomphe.)

DEUXIÈME PEINTRE.

Enfin, en voici un de fini !… Maintenant, il ne fera plus que de petites saletés pour le commerce.


TROISIÈME PEINTRE.

En tout cas c’était un jeune hier, c’est un vieux aujourd’hui !…

(Cent mains se tendent. Bruit, tumulte.)