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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/61

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CERTIN, (tremblant.)

Oh ! ce n’est pas l’émotion !… Je n’en ai pas la moindre.


MADAME CERTIN.

Bien sûr, bien sûr !…


CERTIN.

Fatigue… tu comprends ?… fatigue…


MADAME CERTIN.

Oui… oui…

(Elle commande une tasse de camomille.)

CERTIN.

Allons, bon ! Où m’as-tu mené ?… Ça, c’est trouvé… Bernier !…

(Bernier et Certin font semblant de s’apercevoir à l’instant. Ils soulèvent leurs chapeaux respectifs. Lolette lui dit à voix basse : « Parle-lui, tu le dois, etc… »)

BERNIER, (se soulevant.)

Monsieur…


CERTIN, (de même.)

Monsieur…

(Ils se rassoient. Colloque de Lolette, Tabourot et Bernier. On entend encore : « Parle-lui, si, parle-lui… »)

BERNIER, (se décidant, gentilhomme.)

Puisque le hasard nous met en présence l’un de l’autre, à l’instant décisif, laissez-moi vous dire que je ne me considère nullement en position d’adversaire… et, de droit, la médaille devrait revenir à votre illustre talent… Je suis heureux d’avoir à vous le dire.