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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/55

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si de rien n’était… tranquillement… tandis que notre sort se décide à côté !


BERNIER.

Allez-vous-en un peu, les femmes, vous êtes trop nerveuses… Nous allons faire le pointage, Chaillard et moi.


LOLETTE, (s’écartant, à Suzon.)

Ah ! Suzon ! Suzon ! Pense quel bonheur ce serait ! Et puis, en tout cas, nous voilà tirés d’affaire. Nous vendrons toujours bien le tableau à l’État… ou à un bonhomme comme ça !… Songe, j’ai déjà fait tous mes comptes… C’est que, depuis un an, ç’avait été dur, le crédit ! Je coupais les sous en huit… J’ai fait des prodiges, tu n’as pas idée ! Le marchand de couleurs est presque payé… Mais nous devons seize cents francs au crémier.


SUZON.

Pas possible ? Ce n’est pas ta passion pour le brie coulant qui t’a menée là ?


LOLETTE.

Tu penses que ce n’est pas seize cents francs de brie coulant… Mais nous n’avons jamais payé… Le crémier a toujours eu confiance dans l’avenir de Pierre.


SUZON.

Il a du flair, cet homme-là.


LOLETTE.

Il y avait des jours… je ne le disais pas trop à ce pauvre Pierrot… où je n’avais pas trente