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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/51

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BERNIER.

Allons, allons, ne t’émotionne pas ainsi, mon petit coco…


SUZON.

Oui… je te défends… Tu as mauvaise mine.


LOLETTE.

Dire que c’est en ce moment ! C’est effroyable ! II me semble que j’entends tout le temps la sonnette de la proclamation… là… à gauche…


BERNIER.

Tout à l’heure, elle entendait des voix… comme Jeanne d’Arc… Maintenant, ce sont des sonnettes.


CHAILLARD.

Mais toi tu es extraordinaire de calme… On dirait que tu as eu les honneurs…


LOLETTE, (avec admiration.)

Lui ! il est inouï !… Quel estomac !


BERNIER.

Vous ne voyez pas l’intérieur ! Seulement, je me raisonne. Je suis comme en wagon… je me cale dans mon coin… Et puis nous n’y changerons rien, n’est-ce pas ?


LOLETTE.

Je ne peux pas rester en place… Je vais écouter dans le couloir ce qu’on dit.


BERNIER, (la retenant par sa jupe.)

Non, non, non… Je te l’interdis, Lolette. Reste ici avec ta sœur… On t’a assez vue… Il n’y a plus rien à faire… Il n’y a qu’à laisser aller les choses.