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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/389

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Les délégués vont avoir la partie belle… C’est entendu, c’est de la calomnie pure et simple ; mais enfin entre nous, je peux bien vous le dire, mon cher Férioul, j’arrive de la sous-préfecture, eh bien !…


FÉRIOUL.

Eh bien, quoi !


LE PRÉFET.

Eh bien, je ne sais pas comment certains renseignements sont parvenus, — le parti clérical est tellement aux aguets… eh bien !… on a obtenu de Paris certaines confirmations… enfin… enfin… il faut vous tirer de là ; c’est entendu, ce n’est pas vrai, mais…


FÉRIOUL.

Oui, vous l’avez déjà dit deux fois. Qu’est-ce que ça peut vous faire que ce soit vrai ou pas… d’ailleurs ?…


LE PRÉFET.

Le résultat de l’élection y est attaché simplement… voyez-vous les interruptions qui vont couper dès demain l’exposé de votre programme, voyez-vous ça ?… Les paysans qui vont crier en patois : « Et ta mounino !… » c’est très embêtant ! Il n’y a pas à se faire d’illusion… il faut que, vraie ou non, cette histoire soit liquidée pour l’honneur du parti… Voyons, voyons, mon cher Férioul, vous êtes trop au courant des choses électorales… vous savez bien qu’elles sont liées, en fait… le parti tout entier subit le contre-coup de votre vie privée.