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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/322

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une dédicace charmante, ce souvenir de Luchon, un trèfle à quatre feuilles avec nos initiales enlacées, cet autre souvenir, ces deux lettres, me donnant un rendez-vous… C’est tout. Je n’ai plus la moindre trace de notre liaison, et je vous jure, de mon côté, que je nierai toujours, en toute occasion, même vous avoir connue ou approchée… C’est facile ! Je n’ai, si le cas se présente jamais, qu’à imaginer que j’avais relevé votre nom à l’hôtel !… Maintenant, je n’ai plus rien à vous… J’avais voulu vous remettre tout cela de la main à la main… Oh ! je vois votre regard inquiet… Je le comprends, allez !… Il y a autre chose encore, pensez-vous, une lettre que vous m’avez écrite dans les premiers jours de notre liaison ?


CHARLOTTE, (bas à elle-même.)

Quelle imprudence !


ARTANEZZO.

Cette lettre, la voici. J’y tenais plus qu’à tout… Quand un homme a reçu ça… c’est un gros sacrifice que je vous fais en m’en séparant… (Charlotte tend la main.) Pourtant, avant que vous la détruisiez, je vous demanderai une seule chose… c’est de la relire une dernière fois, tout haut, sous vos yeux.


CHARLOTTE.

Non, non, je ne veux pas, non !


ARTANEZZO.

Qu’est-ce que ça vous fait ? Vous allez la déchirer ! Ça vaut ça, allez… J’éprouverai un grand