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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/302

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nez !… « Madame, reconnaissez-vous les emprunts qui ont été faits en votre nom par mon client… »


JEANNETIER.

J’espère bien que vous n’avez pas répondu…


CHARLOTTE.

Non, naturellement… Mais hier, de lui, subitement un mot… il est là dedans… (Elle montre les lettres.) « Je suis au Grand-Hôtel, j’ai à vous parler, je veux vous voir… » avec une insistance effroyable… Vous lirez !… Je n’ai toujours pas répondu. Et, ce matin, on a apporté une lettre à mon mari demandant un rendez-vous personnel, urgent… Je ne l’ai pas cru, je me disais : il n’osera pas !… C’était vrai !… Maintenant, il est là, il est en train de tout dire… Je suis perdue… Fred, je suis perdue !… Jamais je ne supporterai le regard de Maurice quand il va sortir de là, sachant tout… Oh ! ses yeux… sa voix… Il va s’élancer sur moi… il va…


JEANNETIER.

Jamais de la vie, jamais cet homme ne parlera maintenant, ce serait trop bête de sa part, voyons !… Se perdre sans raison, allons donc, pour le plaisir de se faire prendre la main dans le sac !… Vous ne voyez donc pas que c’est une manœuvre d’intimidation. Par exemple, c’est la seconde manœuvre, celle qui suivra, qu’il faut empêcher à tout prix ? Vous êtes dans les mains d’un ou plusieurs maîtres chanteurs, ma pauvre