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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/264

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ennuis de famille. Je suis en froid avec mon père depuis quelques mois. Depuis lors, je patauge plus ou moins, quoique mon père soit très bon pour moi, tu sais. Mais, figure-toi, hier, je ne t’ai pas dit… Jusqu’à une heure du matin, j’ai joué. J’ai remporté une culotte.


CHARLOTTE.

Tu as perdu beaucoup ?


ARTANEZZO.

Pas mal, j’ai la déveine en ce moment.


CHARLOTTE.

Mais aussi, pourquoi joues-tu ? Et encore très gros jeu… Ah ! au fait, suis-je bête ! Je n’y pensais plus… Je t’ai acheté un talisman… Oui, chez un bijoutier… ce petit bibelot de rien du tout. J’y ai fait graver nos deux initiales, la date de notre rencontre… Oh ! c’est une petite chose très simple, sans valeur, avec, en bas, une pendeloque contenant un trèfle à quatre feuilles, qui te portera bonheur… qui sait ? puisqu’il te vient de moi et puisque je l’ai embrassé avant de te le remettre.


ARTANEZZO.

Oh ! c’est trop gentil. Je ne sais si je dois vraiment…


CHARLOTTE.

Une bêtise !


ARTANEZZO.

C’est trop d’attention ! Je te remercie… Moi