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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/243

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d’une indiscrétion probablement inconvenante, mais vous m’excuserez, je n’agis que dans votre intérêt.


CHARLOTTE.

Que voulez-vous dire, monsieur.


DE BÉRIEUX.

Le hasard m’a mis au courant de certaines choses… Oh ! le simple hasard, je vous prie de le croire… Une rencontre dans l’escalier… Je revenais du cercle, tard dans la nuit, je vous ai aperçue dans le couloir… et, justement, hier soir, vous avez échappé à un danger que vous ne soupçonnez pas. C’était d’une imprudence folle…


CHARLOTTE.

Que voulez-vous dire, monsieur ? Je ne comprends pas un mot… Vous faites erreur.


DE BÉRIEUX.

Vous ne pouviez pas le voir, mais Monsieur Férioul a justement passé la tête à la porte de sa chambre presque au moment où vous entriez dans la chambre 30. J’ai même cru qu’il épiait et je suis resté dans l’escalier à guetter avec une angoisse terrible. Mais non, j’ai bien vu qu’il n’y avait là qu’une simple coïncidence. La porte de sa chambre s’est refermée, la clef a grincé, il s’était recouché. Mais il suffit que le fait ait pu se produire… les conséquences en pouvaient être telles !… Mon devoir était de vous avertir.