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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/216

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L’INFIRMIÈRE.

On m’a laissé cette carte. Je n’ai pas regardé… C’est peut-être le nom… Je dois tout envoyer à cette adresse…

(Elle lui passe la carte.)

BERNIER, (lisant.)

Rouchard… (Il rend la carte à la garde.) Merci.

(Elle ne dit plus rien. Embarrassée devant ce silence.)

L’INFIRMIÈRE, (ajoute.)

Le médecin de service expliquera à monsieur.

(Il fait signe qu’il a compris. La garde passe dans le cabinet de toilette. Bernier reste seul. Il regarde le lit défait, longuement, comme s’il y avait encore quelqu’un dedans. Il appuie le coude sur la barre de cuivre et fixe, des yeux, la place vide, l’empreinte du corps, les oreillers… Ses yeux s’humectent. Machinalement, il prend une des fleurs qui sont restées sur le lit. Il la porte à sa bouche comme on fait d’un mouchoir.)

BERNIER.

Loulou !


RIDEAU