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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/189

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Et je tenais à prononcer, devant vous, les paroles nécessaires…


LOLETTE.

Mettez ces fleurs sur mon lit… je vous remercie de les avoir apportées… C’est comme à une morte.


LA PRINCESSE.

Non, madame, c’est une vivante qui les reçoit, et à qui je les apporte.


LOLETTE.

Bah !… j’aurais dû mourir… J’ai raté mon affaire, voyez-vous !… J’avais pensé d’abord à réaliser ce que vous vouliez, à divorcer, m’en aller… et puis, une fois dans la rue, je m’étais dit. « Pendant que j’y suis… autant en finir !… » Ç’aurait tout de même mieux valu. C’est raté…


LA PRINCESSE.

Devant un tel désastre, je dois m’effacer. C’est à vous de me passer votre souffrance, à moi de prendre la charge. On vous doit ce renoncement-là… Il est grand ; il doit être terriblement douloureux — vous le connaissez mieux que moi !… mais Pierre et moi, nous vous devons cette résignation, ce sacrifice… quel que soit notre déchirement à tous deux, car pourquoi vous dissimuler une douleur que vous ne connaissez que trop ? Oui, devant vous, tout doit s’incliner.


LOLETTE.

Je sais… je sais. Tout le monde est généreux pour moi, maintenant.


LA PRINCESSE.

Ne voyez dans ma démarche nulle hypocrisie,