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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/168

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il avait l’air de se fiche de moi, avec ses petits yeux malins d’astèque évaporé.


LA PRINCESSE.

Ne sois pas grossier… tu cherches des querelles absurdes.


BERNIER.

C’est comme dans ta maison, il y a des choses qui me déplaisent… Ces deux photographies, là, sur ton meuble à couleurs ?


LA PRINCESSE.

Nietzsche et l’empereur d’Allemagne ?


BERNIER.

Il est possible que ce soient, comme tu dis, tes deux professeurs d’énergie… après tout, je ne les connais pas… mais mon patriotisme est offensé…


LA PRINCESSE, (riant.)

Que tu es bête !… ne fais pas d’esprit. Ici, à terre ! À terre, j’ai dit. Ah ! mais, veux-tu venir ?… là, comme un gros chien suspect, toujours un peu prêt à mordre, et qu’il faut dompter par la caresse… Sage ? Tout à fait sage ?… Demande pardon… Baise ma main… Ah ! tes narines battent, tes joues pâlissent un peu… À la bonne heure !… Oh ! mais c’est qu’il mord véritablement… (Elle lui caresse les cheveux.) Ah ! chéri, Boby bleu, ce sera enthousiasmant, notre vie, je te le jure ! Je connais un coin, près de Corfou, où on te construira une demeure idéale. Tu feras le plan.


BERNIER.

N’en jetez plus !… tu parles tout à fait comme