Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/141

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


dans cette pièce ! La cheminée n’est pas installée, tu sais bien… Tu es en plein courant d’air… Viens te coucher dans ton lit, là-haut… Ici, tu es mal… je t’expliquerai bien mieux.


LOLETTE.

Non, non… je veux rester là… je resterai toute la nuit à pleurer là… je veux !…

(Elle retourne la tête contre les coussins. On l’entend pleurer comme un enfant.)

BERNIER.

Allons, ma Loute… ne fais pas la méchante. Tu verras, dans ton petit lit… là-haut… tu seras bien… on causera…


LOLETTE.

Non, laisse… laisse… qu’on me laisse !


BERNIER, (essayant de la soulever.)

Je te dorloterai, en t’expliquant ce qui s’est passé… tu verras… là… contre l’épaule de ton vieux loup de mer… un peu rude… mais bon bougre, au fond, va !… Allons…


LOLETTE.

Oh ! j’ai du chagrin… Que j’ai du chagrin !…


BERNIER.

Tu ne veux pas venir, alors ? Eh bien, ça m’est égal… je vais t’emporter à la force du poignet…


LOLETTE, (se débattant.)

Non.


BERNIER.

Je vais te coucher, comme un enfant.


LOLETTE.

Non, non !