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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/110

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BERNIER, (seul.)

Tiens, parbleu !… un paysagiste !

(On entend applaudir la danse, à côté, puis un silence, et la danseuse fait son annonce.)

VOIX D’ISADORA.

Maintenant, je vais vous danser la danse que m’a appris un petit ange, qui est dans un tableau de Benozzo-Gozzoli. Voilà le petit ange.

(Musique aigre.)


Scène VII


PIERRE BERNIER, LA PRINCESSE

(Bernier regarde, accoudé à la haie. Il se retourne, il vient d’entendre un léger bruit. C’est la princesse Paule de Chabran, qui vient d’entrer, furtive. C’est une grande femme, belle, comme un Titien, habillée or et turquoise, avec des étoffes un peu lâches et drapées, coiffée bas. Elle a une démarcha un peu sautillante.)

BERNIER.

Vous !


LA PRINCESSE, (restant près du mur.)

Tu as bien reçu mon mot ?


BERNIER.

Il y a un quart d’heure. Je guettais…


LA PRINCESSE.

Cachottier ! on vous y prend !… Pourquoi ne m’avez-vous pas invitée ? C’est vilain, Boby.