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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/102

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BERNIER, (lui faisant signe de baisser la voix.)

C’est un simple déplacement administratif. On t’expliquera.


LOLETTE.

Mon plus beau titre de gloire ! Notre meilleur souvenir… ce tableau ! Oh ! ça, je ne te le pardonnerai jamais, Pierre ! C’est un manque de cœur… J’allais la voir tous les mois, par plaisir.


BERNIER.

Vainement, j’ai essayé de la persuader que c’était une place peu enviable pour elle comme pour moi, n’est-ce pas, Lafargue ? Voyons.


LOLETTE.

La cimaise du Luxembourg, peu enviable ! Et puis, je devais aller au Louvre comme la femme nue du Titien… C’était entendu.

(On se retourne au bruit des voix étouffées, mais véhémentes.)

BERNIER, (à Lolette.)

Mais non… Elle est à Florence, elle, au moins !


GARZIN, (de loin.)

Elle engueule le Titien, quoi ?


GRÉVILLE, (s’approchant.)

Qu’est-ce qu’il y a ?


LOLETTE, (continuant.)

Et puis, c’était comme un fétiche… C’était notre printemps à tous les deux. Ah ! c’est mal ! Madame Garzin !

(Elle va vers Mesdanes Garzin et Moulzi qui sortent de l’atelier.)