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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/353

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ne t’aime que pour toi-même… C’est une vieille habitude que j’ai prise autrefois comme ça… j’ai été résigné tout de suite à la fatalité de notre amour… maintenant il ne m’en coûtera plus beaucoup… Et je t’aime tant… tant ! Mon joli visage… ma petite… qui fait tout ce qu’elle peut pour être bonne. (Se relevant.) Eh bien, tu vois, comme c’est simple !… Quand on veut ! Allons, souris… voyons…

(L’obscurité dans la pièce est pleine. Seul le feu éclaire toujours leurs visages et la robe blanche de Rosine.)

UN DOMESTIQUE, (ouvrant la porte de droite.)

Madame, peut-on servir ?


POLICHE, (fait signe que « oui ». Le domestique se retire et referme la porte. Poliche regarde Rosine, prostrée, pleurante, et répète.)

Souris… tu vois, rien n’est changé, tu vois bien !… C’est comme d’habitude. Rosinette ! Allons, viens à table… lève-toi !… là… Donne la main… hop !… (Il lui prend la main comme à une enfant, la fait se lever droite. Il lui passe le bras sous le sien, — elle se laisse conduire machinalement.) Ah ! et puis l’enfant va mettre ses babouches… voyez-moi ça !… parce qu’elle ne peut pas aller à la salle à manger, ses petits pieds nus, tout de même !

(Et, tendre et doux, il lui remet ses babouches l’une après l’autre, en souriant, pendant que la toile tombe.)

RIDEAU