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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/347

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yeux pétillent de haine. Rosine écume, immobile.) On va voir un peu, maintenant !…


ROSINE, (essayant de se lever.)

Par exemple !


POLICHE, (bondissant, le doigt tendu.)

Bouge !… (Sur cette menace, Rosine se rassied, ricanante, terrible. Potiche, blanc de rage, la garde en arpentant la pièce, de long en large. Silence, long silence. Peu à peu les poings se desserrent, glissent dans les poches, timides. Il va respirer à la fenêtre. Puis, tout à coup, la voix changée :) En voilà-t-il du raffut !… Sommes-nous bêtes, mon Dieu… faut-il que nous soyons bêtes… là, là… Venons-nous d’en sortir des folies !… Je crois qu’il est impossible de dire plus d’insanités en cinq minutes !… Mais qu’est-ce qui nous a pris, tout à coup, non, non, non !… Oh, chut… calme-toi… calme-toi !… Veux-tu quelque chose sur tes épaules ? Enlève donc tes babouches, va… et chauffe tes petons… ils sont gelés… (Il lui met les pieds au feu et les chauffe, en les tenant dans sa main.) Tu ne veux pas quelque chose sur les épaules ?…


ROSINE.

Non.


POLICHE.

Oh ! oh ! cette voix… On est bien… le premier feu de bois… Hein, qu’on est bien ?… Là ! donne ta menotte ! Ne la retire donc pas… Voyons… (Il s’est assis sur la traîne de sa robe. Il lui a pris la main. Il y dépose un long baiser.) Vois-tu, j’ai commis une grande gaffe, chouchou… Ç’a été le jour où j’ai parlé… Non, ne proteste pas… laisse… Tu répon-