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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/346

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chera plus à moi… Non, vrai ! On ne va pas recommencer à me faire souffrir encore, à te reprendre… Voilà un an que je mène une vie odieuse, insoutenable, de lâche et d’imbécile !… J’ai bien le droit d’être un peu heureux à mon tour dans la vie !… C’est injuste, c’est trop injuste à la fin.


ROSINE.

Veux-tu que je te dise, moi, ce qu’il y a au fond de toute cette comédie ?… Eh bien, tu es jaloux !… Tout ça, c’est la jalousie pour un beau garçon dont tu souffres, dont…


POLICHE.

Ah ! saleté !… Tais-toi !… C’est cela que tu es… une fille, entends-tu, une fille !… qui m’écœure… qui…


ROSINE.

Et ta colère ? bravade d’homme laid qui essaye d’intimider, et de rattraper ainsi un pouvoir qui s’en va…


POLICHE.

Gueuse !


ROSINE.

C’est ça… frappe !… ça te manquait ! Tu seras complet


POLICHE.

Et d’abord, tu vas commencer par rester là, toi.


ROSINE.

Par exemple ! tu as l’audace… tu oses !…

(Il la saisit et la force à s’asseoir dans le grand fauteuil)

POLICHE.

Et bouge donc !… bouge !… (Ils se mesurent. Leurs