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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/322

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sont forcés d’y vivre, c’est ce qui fait qu’on se trompe… Ainsi, les poules, je me suis aperçu qu’elles ont horreur de la nature… Les coqs qui crient tous les matins, en regardant le soleil, c’est pour gueuler : « Encore ! Encore ! »


ROSINE, (le regardant froidement en secouant la tête.)

Ce n’est pas drôle !


POLICHE.

Mais je ne le dis pas pour être drôle, tu es bonne… Je dis ce que je pense… C’est vrai ! Il y a même des gens qui ne peuvent pas supporter la campagne… toi, par exemple !…


ROSINE.

Moi ?… je l’adore !


POLICHE.

N’empêche que tu as peut-être eu tort de venir justement nicher ici avec moi… Voilà déjà près d’un mois que nous y sommes… si tu étais restée à Paris, au milieu du brouhaha habituel de tes relations — au moment des dernières courses de Chantilly, des premiers five-o’clock — tu te serais peut-être moins aperçue de la transition de Poliche à Didier. Nous n’avons pas l’habitude de la solitude au-dessous de cinq personnes…


ROSINE.

Tu ne vas pas me faire croire que tu regrettes ton bar, tes tripots et tes camarades ?… Tu m’as fixée à ce sujet.