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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/319

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ROSINE.

Oh ! ce bruit ! Ça vous fait tressauter…


POLICHE.

C’est cependant bien anodin ! Une arbalète d’appartement… C’est avec ça que Guillaume Tell perçait les pommes d’api sur la tête de ses invités…


ROSINE.

Mais comme tu n’as pas de pomme…


POLICHE.

Alors je tue les mouches de l’appartement… C’est une arbalète pour tuer les mouches… Tiens, regarde comme je suis devenu habile !… Tu vois cette mouche… sur le chambranle ? Pan !… (Il tire.) Eh bien, je l’ai ratée, mais je lui ai frisé les reins !…


ROSINE.

Tu ne pourrais pas jouer à quelque chose de moins bruyant ?


POLICHE, (posant l’arbalète doucement.)

Je t’ennuie, dis ?… Veux-tu que je sorte dans le jardin ?


ROSINE.

Mais non, mon chéri, je plaisantais.


POLICHE.

Si nous tirions quelques oiseaux, dans le parc, avant le dîner !… (Se frottant les mains.) Une bonne fricassée de petits oiseaux.