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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/308

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ROSINE.

Si… je comprends tout… On peut vivre des années côte à côte sans se connaître, et puis un mot vous donne l’explication de toute une existence… Maintenant je comprends tout.


POLICHE.

Ma façon à moi de t’aimer ?


ROSINE.

Et ta façon de crâner.


POLICHE.

Et de te prendre ?


ROSINE.

Tu me prenais et tu n’osais pas me dire je t’aime… comme c’est étrange !


POLICHE.

Le cœur a de ces folies !


ROSINE.

Ah ! que tu as dû avoir de tact et que j’ai dû souvent te paraître méchante !… Mais n’y pense plus !… c’est fini… ce mauvais temps de rire… Et sais-tu ce qu’on va faire pour inaugurer notre liaison officielle ?


POLICHE.

Non ?


ROSINE.

L’automne s’annonce merveilleux. On va louer, aux environs de Fontainebleau, une jolie petite bicoque, où on ira couler sa lune de miel.