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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/307

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Je rêve ! Ce n’est pas possible !… Eh bien, si je m’attendais à celle-là, par exemple !… Moi qui m’imaginais que tu allais me signifier mon congé quand tu découvrirais le pot aux roses ! Crétin ! Crétin que je suis !… Non, vrai, suis-je assez bête, hein ?… Si j’avais su !… Ah ! je te flanque mon billet que je vais rattraper le temps perdu !…


ROSINE, (à la femme de chambre qui entre.)

Ceci, en pneumatique, de suite…

(Elle referme la porte.)

POLICHE.

Ah ! oui, je vais rattraper le temps perdu à faire l’imbécile. Enfin !… Enfin ! Ça va donc pouvoir sortir de ma gorge, de mon cœur !… Que ça va être bon !… Il me semble que je suis le faux paralytique qui envoie promener sa paire de béquilles… Je vais retrouver mes guibolles… mon cœur, ma moralité, ma respiration !


ROSINE, (le regardant gesticuler avec admiration.)

Fallait-il que tu m’aimes !


POLICHE.

Ah ! si je t’aime, chère gosse !… Mais je te gardais toute la journée sur moi, en moi !… Ce que je t’ai dit, sans que tu puisses l’entendre !… Dans ma chambre je me mettais la tête dans les grands coussins du divan, tu sais ? et je passais ainsi des journées à te repasser tout entière !… Tu ne sauras jamais !…