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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/275

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qu’est-ce qu’il fait là, Poliche, aujourd’hui ? Il ne devait venir qu’à six heures… je ne veux le voir qu’à six heures… Ah ! tout le monde m’ennuie, me contrarie !… C’est un fait exprès !


AUGUSTINE.

Madame a du chagrin ?


ROSINE, (adoucie.)

Beaucoup, Augustine… Je commençais un grand bonheur… Ah ! puis, s’il le faut, on n’en parlera plus !… Commençons avant tout par avoir une attitude !… On va lui renvoyer chez lui tout ce qui lui appartient… tout ce qu’il a laissé ici. Il comprendra ce que cela veut signifier… Qu’est-ce qu’il y a à lui, dans la maison ?


AUGUSTINE.

De petites choses comme ce bouton de manchette… un pyjama bleu… et puis, madame sait, cette chose baleinée qu’il a enlevée l’autre jour du costume qu’il portait en revenant du concours hippique et qui a tant fait rire madame !


ROSINE.

Ah oui !… son corset… c’est vrai ! Je n’avais jamais cru sérieusement que les officiers portassent des corsets comme nous. J’ai tant ri qu’il n’a pas osé le remettre en partant… Eh bien, Augustine, vous allez faire un paquet du corset, vous l’envelopperez d’une jolie faveur… vous mettrez une de mes cartes dedans… et je le ferai porter chez lui, par le chauffeur… avec, dessus, cette inscription… facile : « Regrets éternels ».