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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/253

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Scène XV


POLICHE, BOUDIER

Boudier entre du jardin. Il se dirige vers la salle à manger. Poliche l’aperçoit, va à lui, le visage contracté. Il s’appuie contre l’épaule de Boudier avec un hoquet et un tremblement.


BOUDIER, (effrayé.)

Qu’est-ce que tu as ?


POLICHE.

Rien, une défaillance.


BOUDIER.

Mon pauvre vieux…


POLICHE, (la tête sur l’épaule de Boudier.)

Rien, tais-toi ! ne dis rien ! Chut !… Viens demain chez moi… je t’expliquerai… tu sauras tout. (Il se ressaisit brusquement avec un grand effort apparent et, comme à ce moment le garçon apporte de la cuisine l’omelette, il se précipite, prend le plat flambant et il entre dans la salle à manger au milieu des exclamations et des « ah ! ») Mesdames et messieurs, c’est pour avoir l’honneur de vous servir l’omelette Meireuil ! Didier-Pierre-Hippolyte Meireuil, 17, rue de Berri, eau, gaz à tous les étages, téléphone, divan japonais, fauteuils pour les dames… travail soigné.

(Le rideau baisse pendant ce temps.)

RIDEAU