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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/243

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Scène XII


SAINT-VAST, ROSINE

Silence d’abord

SAINT-VAST, (tirant un des papiers de tout à l’heure de sa poche et lisant à haute voix.)

« L’amour, ça devrait être encore tellement mieux ! Tâchez de vous trouver seul avec moi avant la fin de la promenade, j’ai à vous parler. » C’est bien vous qui avez écrit cela ?


ROSINE, (se poudrant, devant sa glace à main et sans se retourner.)

Oui, quoi ? Ah ! mon Dieu ! je sais bien ce que vous allez imaginer tout de suite… Si j’ai commis cette incorrection…


SAINT-VAST (l’interrompt.)

Le gros mot !


ROSINE.

Ce n’est pas du tout pour ce que vous pensez.


SAINT-VAST.

Mais je ne pense rien.


ROSINE.

C’est pour vous avertir charitablement d’une bévue inévitable que vous allez commettre dans un instant. Voulez-vous parier que je sais ce que mon amie Pauline vous a dit… D’abord, beaucoup de mal de moi.