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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/21

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CLAUDE, (hochant la tête.)

Plus que la musique, bien sûr ! (Silence.) C’est bête, mais j’ai le cœur qui bat ; tu n’as pas idée !…


GRÂCE.

Tu es tout pâlot… Baisse le bas de ton pantalon.


CLAUDE, (vivement.)

Oh ! c’est vrai, j’avais oublié… Je te demande pardon… J’aurais dû me faire donner un coup par un cireur avant de monter…


GRÂCE.

Oh ! les cireurs, à Paris !…


CLAUDE.

J’aurais dû aussi mettre mon pantalon à carreaux… Il est plus neuf. Mais je ne croyais pas que ce serait si allumé. (Il s’inspecte, gêné, puis lève les yeux sur elle avec un sourire forcé.) Je ne suis pas trop mal ?… Je ne te fais pas trop honte, dis ?


GRÂCE, (avec un mouvement de reproche.)

Oh !… Attends, ta cravate… Je veux être fière de toi, au contraire, fière de mon Claude ! Qu’est-ce que c’est que ces idées, hein ?

(Elle lui arrange vivement, d’un tour de main, sa cravate, un peu le pli des cheveux et fronce les sourcils. Avec une pichenette.)

CLAUDE.

Ah ! la voilà…

(Ils se séparent brusquement et restent droits, postés.)

GRÂCE.

Non… C’est un domestique…

(Un temps. Ils s’asseyent. Ils ne disent plus rien,