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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/113

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bruit pour ne pas déranger Claude, abattu dans son fauteuil. Elle lui parle à voix basse.) Tenez, vous allez prendre une voiture à l’heure et porter ceci à cette adresse… Allez…

(Le garçon sort. Elle se rapproche silencieusement, simplement, de Claude. Il pleure.)

CLAUDE.

Grâce, tout notre bonheur détruit ! Ah ! notre petite chambre… Le premier muguet de mai… l’oiseau… tout ça !…


GRÂCE.

Laisse crever ton cœur… Ça fait du bien.

(Elle lui caresse le front, debout derrière lui. Il regarde fixement par terre. De temps en temps, il parle à mots entrecoupés. Dans le silence :)

CLAUDE.

Ma pauvre mère, là-bas… en Alsace… si elle savait cela… où en est son fils !… Je me souviens de ce qu’elle disait, la paysanne : « Pars… tu ne réussiras pas… La musique, mon garçon !… Tu reviendras au pays… Tu auras toujours de quoi manger, ici… » Il faudra confesser qu’elle avait raison… « Mère, vous aviez raison !… »


GRÂCE.

Pleure, mon enfant… pleure sur toi… Va, va !