Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/112

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



CLAUDE, (vague, prostré.)

Je l’ai laissé là-bas, au bureau… Je suis parti si vite…


GRÂCE.

Ne prends pas mal… Mets ce châle sur tes épaules… Les premières journées de printemps sont froides…


CLAUDE, (se frappant le front avec son poing.)

Ah ! misère de misère ! Bon Dieu de bon sang !… Comment ai-je fait, cela ?… Écoute… (Il se lève.) Tu n’entends pas, on monte… On envoie quelqu’un me chercher…


GRÂCE.

Mais non. Tu es puéril…


CLAUDE.

Tu n’entends rien ?


GRÂCE.

Non… qu’un orgue là bas au bout de la rue… Une seconde… Attends…


CLAUDE, (sursautant.)

Que fais-tu ?


GRÂCE.

Rien. Une commission à donner. (Elle sonne, va à la table, réfléchit longuement, avec un air à la fois stupéfait et désorienté ; puis, après un geste solitaire de résolution, elle prend une feuille de papier et écrit.) « Adieu, maman, pour toujours… Je reste… » (Le garçon d’hôtel entre. Grâce lui fait signe de ne pas faire de