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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/110

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GRÂCE.

Crois-tu que Monsieur Lechâtelier puisse être mis au courant tout de suite ?


CLAUDE.

À l’heure qu’il est, il doit déjà savoir…


GRÂCE.

Alors, c’est irrémédiable, oui !… L’argent, j’aurais pu, au prix de quelle honte ! le demander à une femme qui vient de m’offrir justement son secours…


CLAUDE.

Qui ?


GRÂCE.

N’importe… ce n’est pas l’argent qui me préoccupe, c’est le fait !… Si Monsieur Lechâtelier sait, qu’importe une somme qu’il ne réclamera pas !… mais l’effondrement moral !…


CLAUDE.

Comment ai-je été assez fou ?… Je te déshonore… Tes amis ! Tu m’avais fait placer là… Ah ! Tu ne me pardonneras jamais… Ne me regarde pas comme ça… fixement… tu m’épouvantes…


GRÂCE, (le regardant en effet comme une chose.)

Mais non, pauvre Claude !… Je réfléchis, voilà tout… J’ai tellement témoigné de toi, de ma confiance absolue en toi ! de ta délicatesse !… Si tu savais l’ironie de ça !…