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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/104

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seulement, tu seras plus grande… Tu deviendras, loin de moi, une grande belle jeune fille, qui portera aussi son poids de joie et de misères et ce jour-là, tu viendras me retrouver… Que serai-je alors, petite Mariette ?… Ah ! petite Mariette, ils savaient bien ce qu’ils faisaient en m’apportant ton paquet de chair rose !… (Se dégageant brusquement avec colère.) C’est odieux !… C’est odieux ! Vous donnez à cette enfant une émotion absurde… Je ne veux pas de ça.


HORTENSE, (qui, sur un ordre de sa mère, s’est collée discrètement à la fenêtre, tout à coup s’écrie :)

Maman !… Monsieur Morillot sur le trottoir en face !


MADAME DE PLESSANS.

Ah ! Seigneur !…


GRÂCE, (courant à la fenêtre.)

Claude ?… Ce n’est pas possible !… Mais si… lui… Que se passe-t-il pour qu’il revienne à cette heure-ci ?… Il doit savoir que vous êtes là !…


MADAME DE PLESSANS.

Les stores du fiacre étaient baissés !… Il ne peut pas nous avoir vues quand il est sorti.


GRÂCE, (effrayée.)

Pour l’amour du ciel, allez-vous-en vite !… Qu’il ne vous trouve pas ici, surtout !… Qu’arriverait-il ?… Tu vois dans quelle situation tu t’es mise, maman !… C’est un fait exprès… ! Il doit vous savoir là…