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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 4, 1922.djvu/100

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intraitable, c’est vrai, mais je suis sûre que, si tu viens te traîner à ses pieds, il pardonnera. Tu reprendras place au foyer de famille… Tout sera oublié… On ne fera pas d’allusion au passé… tu vois que je ne peux pas mieux dire !… Le souvenir le plus pénible — un bien grand écroulement, va ! — Tout s’efface dans le cœur d’une mère… Monseigneur de Cabriac t’absoudra, j’en suis sûre… Pour ce qui est du scandale, rien n’est perdu encore… Nous avons dit que tu étais à Lourdes, que ta vocation religieuse t’appelait irrésistiblement vers les lieux de retraite. Ce sont de pieux mensonges. Il n’y a peut-être que cette teigne de Madame Labatude qui s’est aperçue de quelque chose… n’importe, nous ferons taire les mauvaises langues… Une famille comme la nôtre n’est pas déshonorée par la faute d’un de ses membres, comme le dit ton pauvre père ; nous pourrons encore marcher le front haut dans les rues d’Aix. Tu repars avec nous ce soir… Je t’emmène.


GRÂCE.

Je ne demande pas mieux, crois-le bien, si c’est avec Monsieur Morillot, s’il doit être reçu par vous comme mon fiancé et si nous nous marions à Aix, avec votre consentement.


MADAME DE PLESSANS.

Jamais, jamais !…


GRÂCE.

Alors, tu vois qu’il est tout à fait inutile d’insister, maman…