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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/92

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nous ne serions pas tranquillement assis chez nous aujourd’hui.


NEKLUDOFF.

Protection illusoire !… Ces mêmes hommes que vous enfermez sortent tôt ou tard plus dépravés, plus dangereux que jamais.


IGNATY, ricanant.

À votre avis, il faudrait donc tuer tout le monde ?


NEKLUDOFF.

Ce serait cruel… mais cela aurait au moins un sens… Ce que l’on fait aujourd’hui est cruel et n’a aucun sens…


IGNATY, se levant.

Mais je fais partie, moi, de ces tribunaux dont vous parlez si inconsidérément.


NEKLUDOFF.

Votre conscience vous jugera peut-être un jour… moi je me borne à signaler ce que je ne comprends pas.


IGNATY.

Il y a bien des choses que vous ne comprenez pas.


NEKLUDOFF.

En effet. Mais mon intelligence s’éveille. Et je me dis que lorsque le peuple s’éveillera à son tour et nous secouera comme les puces de sa peau, ce