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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/45

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KATUCHA.

C’était mal, cela, Dimitri Ivanowitch, mais je ne vous en ai pas gardé rancune.


NEKLUDOFF, l'enlaçant.

Amour… (Se relevant brusquement.) Tu n’as rien entendu ?… Un bruit. (Katucha rit.) Pourquoi ris-tu ?


KATUCHA.

Je ris, parce que vous n’êtes pas habitué ; mais moi, je sais… vous voulez savoir ce que c’est ?… C’est la gouvernante qui ronfle au-dessus.


NEKLUDOFF, riant.

Ah ! bon ! Ronfle, bonne vieille… Je ne suis plus habitué aux bruits de la maison… Et ceci, ce sont les cloches, là-bas… (Il va à la fenêtre et l'ouvre toute grande.) Oh ! la belle nuit humide et chaude… Viens près de moi. Personne ne peut nous voir… Écoute encore ce bruit étrange… C’est le printemps. C’est la glace de la rivière qui craque sous la lune…


KATUCHA.

C’est le printemps, Dimitri.

(Ils regardent au dehors.)

NEKLUDOFF.

Écoute, un coq chante déjà… D’autres lui répondent, là-bas… Comme c’est doux !… Rien… rien que la rivière qui continue son fracas, là-bas