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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/395

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de l’épouse pure et chaste, de l’amour unique, fidèle au foyer domestique. On ne porte pas en vain le poids de tant de siècles catholiques. Sans doute, c’est étroit, égoïste, mesquin… mais que veux-tu ? J’envie ceux qui sauront un jour se libérer de cette conception et s’affranchir de ce passé. Oui, je pressens une plus mâle et plus juste sagesse qui diminuera d’autant la somme des douleurs courantes, mais nous, on a trop d’attaches… On voudrait, on ne peut pas ! Nous sommes ceux qui auront côtoyé une espérance, sans avoir eu la force de la saisir. Voilà… maintenant que je t’ai tout expliqué, je te laisse à ta mère.


RICHARD.

Alors ?


RYSBERGUE.

Alors, je désire qu’on m’en parle le moins possible. Rends-la heureuse, Richard. Sois bon pour elle… Je ne puis pas dire autre chose… sois bon, mais moi… vaut mieux pas… As-tu un cigare ?


RICHARD.

Là, sur la table.


RYSBERGUE.

Où as-tu acheté cette boîte ? Ils ne sont pas trop mous, j’ai déjà remarqué. Où les prends-tu ?


RICHARD.

Toujours au bureau de la rue Tronchet.