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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/376

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c’est fini pour jamais… c’est vrai aussi que je ne veux plus entendre jamais parler de ton père ; mais, si je suis venue, ce n’était pas pour te voir seulement… c’était pour rester, pour qu’on ne me chasse pas !… Ah ! n’est-ce pas ? il ne faut guère être fière pour venir réclamer du secours à ceux qu’on a défiés ?… Je n’ignore pas aussi tous les ennuis que je vais te créer… et que je vais transformer ton attendrissement en gêne et en embarras…


RICHARD, (sans conviction.)

Mais non, mais non…


IRÈNE.

Si. Je connais la vie… C’est maladroit, j’aurais dû m’y prendre petit à petit… mais tant pis ! Oh ! je ne réclame pas grand’chose ! Je ne serai pas un bien grand embarras… qu’on ne me case pas trop loin de chez vous, voilà tout. Bien sûr, je ne demande pas à vivre ici… complètement… Pourvu que je puisse embrasser ton enfant… le voir souvent… ce petit que tu n’as pas voulu me montrer tout à l’heure…


RICHARD.

Simple mouvement machinal, je t’assure…


IRÈNE.

Bien naturel. Ta femme a mis comme condition à ton mariage qu’on n’entendrait plus parler de moi… et je sais, en effet, qu’on n’en parle plus nulle part. Je suis un nom de scandale, banni de