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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/375

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trouve une pension de famille pas trop cher… dans un petit trou… au Cannet, par exemple.


RICHARD.

Mais tu n’en es pas là ?… Voyons !…


IRÈNE, (simplement.)

Je n’ai plus d’argent. J’avais cinq cent mille francs de dot. Je les ai mangés… Il me reste cent mille francs à peu près… En les mettant en viager…


RICHARD.

Mais, maman, et moi ne suis-je pas là ?


IRÈNE, (l’interrompant avec une simple fermeté.)

Encore une fois, tu viens de ne pas me comprendre. Si j’ai pu m’humilier jusqu’à te parler de cela, ce n’était pas pour demander l’aumône… Retire ton offre !


RICHARD.

Oh ! je te connais trop pour supposer que tu daignerais t’adresser à moi ! Seulement il ne s’agit pas d’orgueil… il s’agit de vie pratique… et… (Elle fond en sanglots.) Ma pauvre maman !


IRÈNE.

J’ai mal !… j’ai mal ! Ah ! je sais bien, tu dois te dire en ce moment : « C’était prévu… la scène de larmes ! » J’aurais dû avoir plus de courage.


RICHARD.

Que c’est bête, ce que tu racontes-là !


IRÈNE.

Mais j’ai menti, tout à l’heure, j’ai menti… C’est vrai que je ne suis plus avec Georget, que