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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/358

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Scène IX


GEORGET et IRÈNE, seuls.


IRÈNE, (s’approchant lentement du divan où Georget s’est allongé.)

Tu t’assoupissais, mon trésor ? Tu es fatigué ?… Dors un peu…


GEORGET.

C’est cette existence de caserne !… Ce capitaine qui nous fait lever à cinq heures, c’est intolérable ! Je me plaindrai au colon.


IRÈNE.

Chut ! Tu as une bonne heure de sieste devant toi… Je lirai pendant ce temps… Veux-tu ? tu vas t’endormir avec mes lèvres sur ton front, dis ?… comme nous faisions autrefois, tu te souviens, dans notre petit nid de la rue d’Auteuil…


GEORGET.

C’est vrai pourtant…


IRÈNE, (le berçant.)

Là…


GEORGET.

Comme il fait chaud le soir ! Nous aurons un mois d’août terrible dans ce pays…


IRÈNE, (comptant mélancoliquement sur ses doigts.)

Mai… juin… juillet…