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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/348

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IRÈNE.

C’est ma lettre d’adieu… Oui, je l’ai écrite, cette lettre, d’avance, maintenant que je pouvais encore l’écrire… Après, au moment voulu, je n’aurais pas pu, vous avez raison, je le sens… C’est des cris, des injures, des supplications égarées que j’aurais mises là-dedans. Tandis qu’il y trouvera tout le cœur pur de celle qui l’aura tant aimé…


MADAME LEDOUX.

Étonnant de sang-froid… mais imprudent. On fait d’excellents replâtrages ; si vous partiez, tout étant encore réparable ?


IRÈNE.

Il y a des rides qui ne sont plus réparables…


MADAME LEDOUX.

Vous vous supprimez peut-être dix ans de bon, avec ce système-là !


IRÈNE.

Enfant !… Faut-il vous dire que je ne m’en irai que sûre et certaine que le coup de cloche est sonné ?… quand je ne pourrai plus m’empêcher de crier !… J’économiserai, jusque-là, ce que je pourrai de bon temps… Oh ! le coup de cloche !… On ne s’y trompe pas, allez ! Le sinistre coup de cloche ! Partir, laisser la place à d’autres !… comme dans la chanson, tenez, que chantait tout à l’heure votre petite…