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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/347

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IRÈNE.

Qu’un jour, je ferai mon paquet, simplement, sans phrases. Il n’entendra plus parler de moi… voilà tout… Il ne m’aura pas vue faire autre chose que sourire et l’adorer.


MADAME LEDOUX.

Oui, de l’ouvrage bien propre… pas de déchet… beau rêve !… On n’en a pas la force ! On se retient, on espère toujours être la plus forte. Le cœur vous cloue.


IRÈNE.

Eh ! parbleu, je devine bien que lorsque l’heure arrive, rien ne doit empêcher les grincements de dents, les mains tordues : « Pitié, pitié pour ta vieille chérie !… » Brr !… Aussi ai-je préparé d’avance ma retraite. Ce qui doit vous perdre c’est d’attendre. Voilà la gaffe. Il y a un instant où il faut partir, net, en cinq minutes. Eh bien, vous me croirez si vous voulez, je suis prête à quitter la maison demain, s’il le fallait. Tout est préparé.


MADAME LEDOUX.

Pour le coup vous m’estomaquez, ma petite !…

(Irène va à un secrétaire, l’ouvre avec une petite clé et en tire une lettre.)

IRÈNE.

Savez-vous ce que c’est, cela ? Regardez la suscription.


MADAME LEDOUX, (lisant.)

À Georges de Chambry…