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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/326

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Tu comprends, dans mon cœur, je te vois avec des grandes soies bleu pâle, comme un jeune seigneur de Van Dick… alors !…


GEORGET.

Justement… je finirai par avoir l’air d’un militaire d’opéra-comique, en conciliant les goûts de ma maîtresse et ceux de ma patrie… Il vient de recevoir un savon de son colonel, ton Van Dick… qui se porte bien !


IRÈNE.

Non ?… Pourquoi ? Quel toupet !…


GEORGET.

Il m’a dit que je dépassais la mesure, qu’il n’avait jamais vu un soldat se faire amener au quartier, en auto.


IRÈNE, (avec indignation.)

Il voudrait peut-être que tu ailles à pied d’El-Biar ! Vieille baderne !… Je connais justement la cousine du gouverneur qui est très en cour et je…


GEORGET, (l’interrompant.)

Oh ! non, non ! je t’en prie !… ne t’en mêle pas. Avec ta compréhension des choses militaires !… Et puis le colon m’a encore dit qu’il savait que je jouais beaucoup dans les cercles et que ma maîtresse s’affichait trop avec moi.


IRÈNE.

Il ne voudrait pourtant pas que je m’affiche avec un autre pour lui faire plaisir.