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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/324

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« Play ». Comment, elles jouent encore au tennis à huit heures du soir ?… Enfin, je leur pardonne les bruits qui viennent de leur jardin, à cause de l’odeur de leurs vieux orangers. En ce moment, c’est exquis… Vous sentez, Louisa ?


LOUISA.

Oh ! madame, moi, la fleur d’oranger, ça ne m’emballe pas. Je trouve qu’on fait beaucoup de chichi pour cette fleur-là. Je me disais toujours que ça devrait être mieux sur les arbres que sur les robes de mariage, mais depuis que j’en vois tant, je trouve que ça fait encore bien mieux sur les robes de mariage.


IRÈNE.

C’est une opinion de couturière qui a sa poésie. En attendant, tournez le bouton pour voir si l’électricien a bien donné le courant.

(La femme de chambre tourne un bouton électrique. Toutes les guirlandes s’embrasent. Les lampes sont cachées dans les fleurs.)

LOUISA.

Oh ! ce sera superbe, madame, quand il fera tout à fait nuit.


IRÈNE.

N’est-ce pas ? c’est assez réussi…


LOUISA.

Le jardinier a eu beaucoup de mal à se procurer les ibiscus et autant de bougainvilleas.