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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/29

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Scène VI


Les Mêmes, moins Les Paysans


NEKLUDOFF.

C’est bon et frais, tout cela ! Le vieux m'a embrassé trois fois en pleine bouche. Je sens encore sa petite barbe frisée qui me gratte le visage… (Il arpente la pièce.) Dire que c’est sur cette table, tantes, que j’ai écrit ma thèse… à l’encre violette !… Comme c’est loin !


LAURA.

C’est affreux, Dimitri, de penser que tu t’en vas te battre là-bas ! Nous avons bien du chagrin.


NEKLUDOFF.

Chut ! Ne pensons pas à cela… Dans six mois, au plus, je demanderai un congé et je viendrai vous embrasser, comme aujourd’hui. Et alors, je resterai… et alors on reprendra sa vie régulière d’autrefois, des vacances. Le soir, je vous referai la lecture au salon… Allons, allons, on fera encore des réussites, tous les trois, je vois ça… vos réussites !…


SONIA.

Tu l’entends, soeurette ?


LAURA.

A-t-il tout ce qui lui faut, au moins ? Et les ablutions ? (Appelant à la porte.) Katucha ! Katucha !