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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/285

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ter absolument à moi. J’ai dit le mot : un misérable.


PAULOT.

Tu es certain de ne pas te tromper ?


RICHARD.

Oh ! j’ai attendu… Il y a deux mois, je n’avais que des doutes sur sa conduite. La première chose inquiétante me fut révélée le jour même où j’ai rompu avec Nichette… Il s’en est aperçu… Et les semaines qui suivirent, je ne pus pas le pincer… Il se méfiait… J’espérai alors m’être trompé, et dès lors j’ai été occupé par mes formalités de fiançailles avec Madeleine… Il m’a fallu aussi vérifier les affaires de Mme Chadeaux qui n’étaient pas en ordre, puis c’est moi qui suis venu choisir et louer cette villa… tu te souviens ? Ce fut long à trouver, puisque maman ne voulait pas une villa avec l’air direct de la mer ; bref, je n’ai pas pu surveiller les agissements de Georget. Ce n’est qu’il y a trois semaines juste… (Il réfléchit.) oui, juste… deux ou trois jours à peine avant notre départ de Paris et notre installation ici, que j’ai acquis la certitude absolue que je redoutais… Alors, comme il était convenu que Georget devait aller passer l’été à Deauville, j’étais sûr que l’on se verrait tous les deux jours au moins : j’ai attendu… J’ai calmé mon émotion, j’ai supporté mon dégoût. Maintenant j’estime que cela a assez duré… Tout le monde ici est tranquille, bien installé ; père tire les oiseaux de mer… il va tous les jours à cheval prendre son bain… J’ai donc bien