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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/273

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GEORGET.

Pas plus que je ne t’aime.


IRÈNE.

Bien plus !… bien plus !… Mais qu’importe !… Ah ! le bonheur seul de t’aimer me paye. Mon petit, mon petit, comme je te défendrais si on voulait te faire du chagrin dans la vie, si tu n’étais pas heureux !… Que je t’aime ! Il y a un vieux reste de maternité dans la passion que j’ai de toi… Qu’adviendra-t-il de tout cela, mon Dieu, mon Dieu ? Et où allons-nous ?


GEORGET.

Tu réfléchis trop, tout le temps… Qu’est-ce que ça fait !


IRÈNE.

Tu as raison. Laissons-nous emporter… Ah ! que ça dure ce que ça durera !… Flamber… Puis baste !… Petit, petit, mets ta tête là. Oh ! te respirer comme les premières violettes !

(Elle l’attire contre son cœur.)

GEORGET, (dans un murmure.)

Irène.


IRÈNE.

Tout à l’heure, quand ton ombre est apparue sur la vitre, positivement je l’ai sentie là… dans le dos… elle m’attirait… je me retournais tout le temps inquiète… je n’étais plus à ce qu’on disait… je me suis presque trahie, par amour d’elle… Ce n’était pas toi et c’était toi tout de même, cette