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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/269

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IRÈNE.

Eh bien, tu es méconnu chez toi, voilà tout… Ah ! non, que je ne te reproche pas tes vingt et un ans !… Sois jeune… sois jeune, aussi longtemps que tu pourras.


GEORGET.

Ça ne se commande pas.


IRÈNE.

Tu crois ?


GEORGET.

Dame !


IRÈNE.

C’est lugubre ce que tu dis là.


GEORGET, (haussant les épaules.)

Oh ! pourquoi ? Toi qui es toujoure si jolie, si jeune !…


IRÈNE.

Il y a de quoi mourir de tristesse d’entendre un amant qui vous dit : « Tu es si jeune !… » Ah ! la jeunesse, vois-tu, quand passe dans la conversation ce mot-là, je frémis de tout moi… C’est le plus beau mot de la vie.


GEORGET.

Pour les uns : c’est l’amour ; pour les autres, c’est patrie, et ainsi de suite… Le plus beau mot de la vie varie selon les gens.


IRÈNE.

Pour les femmes, c’est toujours jeunesse. Ah ! gredin, qui as ce trésor-là dans les yeux et qui ne le sais pas !