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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/257

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LA MARQUISE, (d’une voix profonde.)

Ah ! nous autres femmes, il nous vilipende, mais nous l’adorons.

(Georget et Irène ont un même mouvement d’admiration pour cette exclamation.)

IRÈNE, (bas en riant.)

Oh ! il nous vilipende !


GEORGET, (même jeu.)

Ma chère !…


IRÈNE, (haut.)

Vous regardiez cette édition italienne… C’est en galuchat ; c’est très rare.


GEORGET, (précipitamment.)

Examinez cette gravure-là.

(Il lui pose le livre sur les genoux.)

LA MARQUISE.

Je l’ai déjà vue.


GEORGET.

Pas assez, pas assez… tenez… (Il se met derrière la chaise de la marquise et se penche en avant. D’une main il montre la gravure. De l’autre, sans que la marquise puisse le voir, il a atteint Irène, toute proche, et lui caresse longuement, autoritairement, la nuque et les épaules sans que celle-ci esquisse le moindre geste de protestation comme si elle était habituée dès longtemps à cette caresse et s’y soumettait naturellement.) Admirez cette finesse…