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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/255

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IRÈNE.

Mais attends une minute, que les autres soient partis.


COLETTE.

Compris. J’ai tous les dévouements.


IRÈNE, (se retournant, à Georget.)

Tenez, montrez donc à la marquise ces reliures qui sont sur le piano. (À la marquise.) Vous qui êtes amateur, elles vous intéresseront.


COLETTE, (à Irène.)

Pauvre marquise ! Il faut la ménager. C’est un utile chaperon.


IRÈNE.

Dis donc ! Pas pour moi.


COLETTE.

Je sais… mais il ne faut jurer de rien, n’est-ce pas ? Pauvre marquise ! quand elle s’en ira de ce monde, en sera-t-il passé sur sa tête, dans l’ombre d’une baignoire ou d’un thé élégant, des baisers, des soupirs qu’elle n’aura pas entendus, en sera-t-il né, sans qu’elle en ait rien su, de ces amours sérieux ou passagers qu’elle aura si doucement obligés de ses bons yeux endormis et délicats… Bonne vieille, que la mort lui soit légère !


IRÈNE.

Tu es gaie, ce soir. Écoute, demain je t’expliquerai…