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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/23

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un dindon. Quand tu n'auras plus de voix pour commander et que nous serons toutes les deux là-bas, à labourer la terre avec le dos, il faudra bien quelqu’un pour te remplacer au château.


MATRENA.

Une fille de porchère, de porchère, qui sans moi serait morte, dès son premier jour, dans la paille et le fumier !


MATROBLA.

Eh bien, maintenant, elle est sur le siège de la voiture. Matrena… Il faut en prendre ton parti. Tiens, écoute les cloches.


MATRENA.

Est-ce que Dimitri Ivanowich est aussi avec eux ?


MATROBLA.

Non, il a fait seller le vieux cheval, son vieux cheval de promenade d'autrefois, et il est allé tout seul… (À la fenêtre.) Viens voir, viens voir ! Regarde les lanternes, là-bas. Ils sortent de l’église… Regarde comme c’est joli !… Les uns rentrent ici, les autres là… Oh ! ces deux lanternes qui vont si vite, ce doit être déjà celles de la voiture… Oui… oui… Écoute les chants… comme c’est beau ! (On entend les chants qui se rapprochent.) Tiens, la lune commence à se lever.


MATRENA, maugréant.

À cette heure-ci !