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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/227

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rieux brasseur d’affaires, mais nom d’un chien, votre vie n’est pas une sinécure. Vous n’avez pas même le temps de profiter de votre luxe.


RYSBERGUE.

Mon luxe, mais c’est pour ma famille, ma femme, mes enfants… Moi, je vivrais avec un lit, une table et une chaise.


SOUBRIAN.

Comme Napoléon.


RYSBERGUE.

Si vous voulez ! Le luxe, pour les amuser, eux… le travail, pour m’amuser, moi… histoire de passer mon activité…


SOUBRIAN.

Comme Napoléon.


RYSBERGUE.

Formidable, oui. Cela vous étonne ?… Bah ! c’est une revanche d’activité que nous prenons, nous autres aristocrates, sur la vie immobile et contemplative de nos aïeux.


SOUBRIAN.

Les fils ont des fourmis dans les jambes… Alors, mes pères devaient être rudement plébéiens, car j’ai bien envie de m’asseoir.


RYSBERGUE.

Moi, de marcher, vivre, aspirer ! Ce train de maison dont vous parlez, je n’en jouis même pas ! C’est vrai… j’aime le sentir prospérer, certes, mais